Articles de philippecachau
Antoine de Saint-Exupéry et la Touraine, La Nouvelle République, Tours, 29-30 octobre 2022
Découvrez ici et dans l'article du dimanche 30 octobre de la Nouvelle République, édition de Tours, les liens mésestimés d'Antoine de Saint-Exupéry et de sa famille avec la Touraine, le Vouvray et le Chinonais en particulier, et plus précisément le château de Sonnay.
La Nouvelle République, Tours, 29 octobre 2022 (édition numérique)
Article Nouvelle République,30 octobre 2022, p. 4
Erratum : lire sous le cliché ancien au bas, à droite :
"Marguerite et Jean, tante et père d'Antoine de Saint-Exupéry, devant le château de Sonnay"
Abbaye Notre-Dame-des-Anges, Saint-Cyr : la porte identifiée de Jules Hardouin-Mansart (vers 1685)
L’histoire de l’art et du patrimoine est faite d’heureuses surprises :
Isolée au milieu du square Anatole France à Saint-Cyr, près de Versailles, une superbe porte fin XVIIe, ornée du blason royal porté par deux putti sur les côtés, se trouve être la porte principale de l’abbaye royale Notre-Dame-des-Anges.
Restée dans l’ombre de la célèbre maison royale Saint-Louis, celles des dames de Madame de Maintenon, sa voisine immédiate, cette abbaye s’avère en réalité bien plus ancienne : il s’agit en effet d’une abbaye bénédictine du Xe siècle, fondée par Robert III, évêque de Chartres de 1156 à 1164.
Elle bénéficia au Moyen Age d’importants bénéfices des rois Louis VII, Philippe Auguste et Charles V et constituait la maison-mère de trois abbayes de femmes : le prieuré Saint-Antoine de Rosny, diocèse d’Evreux ; le couvent Sainte-Madeleine de Villarceaux, diocèse de Rouen ; et l’abbaye Saint-Corantin, diocèse de Chartres.
Au XVIIe siècle, l’abbaye royale eut pour abbesses :
1°) Élisabeth d’Aligre (1630-169?), religieuse du prieuré de Bellomer, ordre de Fontevraud, de 1654 à 1688. Elle était la fille d’Étienne III d’Aligre (1592-1677), chancelier de France, et de Jeanne Lhuillier, sa première épouse.
2°) Françoise d’Aligre (1634-1719), sœur de la précédente et sa coadjutrice, qui lui succéda de 1688 à 1717.
En 1675, Élisabeth Lhuillier, troisième et dernière épouse du chancelier d’Aligre, belle-mère des précédentes, fut la protectrice de l’hôpital des Enfants Trouvés du faubourg Saint-Antoine à Paris. Elle fit appel à Jules Hardouin-Mansart pour la réalisation d’un vaste pavillon à son usage personnel. Conclu en septembre de cette année, le chantier, trop ambitieux, s’arrêta. Revu par Nicolas II Delespine en 1676, collaborateur d’Hardouin-Mansart, il fut achevé en 16771.
Dix ans plus tard, le même Hardouin-Mansart se trouvait engagé sur le vaste chantier de la maison des dames de Saint-Cyr (1684-1685), au sud-ouest du domaine de Versailles.
C’est sans doute à ce moment qu’Élisabeth d’Aligre décida de faire appel au premier architecte du roi, voire à son agence, pour réaliser la porte principale de l’abbaye royale Notre-Dame-des-Anges.
Le style en est facilement reconnaissable : jeu des ressauts, parties lisses et refends, élégance propre au "grand genre" du premier architecte du roi.
Cette porte a été faussement datée de 1650, période de la Fronde, peu propice à ce type de réalisation.
Rappelons qu’Élisabeth d’Aligre fut une abbesse très entreprenante, faisant augmenter et orner magnifiquement les bâtiments de l’abbaye, aidée en cela par les largesses de François d’Aligre, abbé de Saint-Jacques de Provins depuis 1643.
Ces bâtiments sont visibles sur le plan levé en 1694 par Bourgault, arpenteur du roi, de la seigneurie de Saint-Cyr, propriété de la maison royale du lieu.
De vastes logis longilignes apparaissent qui évoquent ceux réalisés par Hardouin-Mansart à Port-Royal-des-Champs pour le logement de la duchesse de Longueville, sœur du Grand-Condé.
Une nouvelle et belle attribution à Jules Hardouin-Mansart, génie de l’architecture du Grand-Siècle.
Par un heureux hasard et comme un clin d'œil, le lycée Jules Hardouin-Mansart de Saint-Cyr se trouve à deux pas de là !
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*Cf. Bertrand Jestaz, Jules Hardouin-Mansart 1646-1708, Paris, 2008, t. I, p. 139-140 et t. II, p. 158-159.
Sur cette abbaye, cf. Adolphe Dutilleux, L’asile départemental de l’enfance et l’abbaye Notre-Dame des Ange à Saint-Cyr au Val de Gallie, Versailles, 1884.
Le lieu le plus secret de Versailles est dans Versailles +, n° 150, octobre 2022
Découvrez dans le n° 150 de Versailles +, octobre 2022*, p. 20-21, l'un des lieux les plus secrets et méconnus du domaine de Versailles :
La chapelle des Pages de la Grande Écurie par Jules Hardouin-Mansart (1682).
La combinaison des ordres employés (colonne ronde et pile carrée) se retrouveront au Bosquet de la Colonnade en 1685.
Article Versailles +, octobre 2022, pdf
* tirage 40 000 exemplaires, Versailles et périphérie.
Public Sénat : Au nom du Patrimoine
Il faut voir ou revoir le beau et poignant reportage de Public Sénat en 2021 : Au nom du patrimoine.
Il porte sur les effroyables destructions qu'à vécu le patrimoine mondial, de l'Afghanistan à l'Afrique, de Bämiyân à Tombouctou en passant par Mossoul et Palmyre. L'actuelle crise ukrainienne rend le sujet encore davantage d'actualité.
Cette nouvelle crise iconoclaste, telle que l'Humanité n'en avait pas subi depuis fort longtemps1, pensait impensable au XXIe siècle, siècle de la mondialisation, de la diffusion exponentielle de la culture et de la connaissance, et de la modernité extrême.
Le reportage soulève plusieurs questions : d'ordre culturel (la protection du patrimoine mondial de nos jours), politique (l'islamisme aujourd'hui, là comme dans nos sociétés occidentales et la complaisance coupable de certains à son égard), philosophique (qu'est-ce que le vivre ensemble dans des sociétés au destin fluctuant par nature ?) et religieuse (le sort des civilisations antiques et de la chrétienté en Orient).
Au-delà du sujet évoqué, qui concerne des sociétés non-occidentales, ce reportage nous interroge également sur notre propre protection du patrimoine.
Une réflexion de Bariza Kiarhi interpellera tout à chacun, principalement les non-spécialistes du patrimoine et ceux qui ne se sentent pas concernés par le sujet :
"Touchez au patrimoine, c'est toucher à l'identité des gens" !
Nous ajouterons, quant à nous : "C'est obérer aussi l'avenir de nos descendants (enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants) et la mémoire des peuples" !
Nous pensons en effet à toutes ces destructions et disparitions patrimoniales que subissent peu à peu, subrepticement, au fil du temps, nos sociétés occidentales pour des raisons diverses :
-méconnaissance du sujet par de nombreux politiques et élus2
-ignorance des propriétaires, privés ou publics, de l'histoire ou de l'intérêt architectural et artistique de leur site
-poids des lobbys immobiliers cupides
-pression des aménagements urbains de sociétés aux besoins constants
-absence de crédits pour le patrimoine non protégés, voire même le patrimoine dit "protégé" (classés ou inscrits)
-méconnaissance et sous-emploi de la loi sur le mécénat privé (loi Aillagon de 2003) en France, quand d'autres pays l'emploient largement (National Trust en Grande-Bretagne, par exemple)
-zèle "restaurateur" de certains architectes du patrimoine aux motifs fallacieux ou ignorants et aux intérêts pécuniers souvent évidents
-défaillance de certaines administrations censées protéger le patrimoine
-associations patrimoniales cultivant l'entre-soi, aux actions, pouvoirs, moyens et communication limités
-effets de modes des propriétaires, architectes et designers contemporains pour qui le passé n'est qu'accessoire et doit servir leurs propres créations
-absence de médiatisation du patrimoine en général et du petit patrimoine (rural ou urbain) en particulier
-défaillance crroissante des médias publics sur le sujet3
-surmédiatisation de sites prestigieux ou de restaurations spectaculaires qui ne sont que les arbres masquant la forêt des destructions et disparitions, volontaires ou non.
Bref, comme on le voit, les causes de la disparition de notre propre patrimoine peuvent être multiples et la liste ici faite est non-exhaustive.
Oui, le patrimoine est vraiment une cause universelle et l'on aimerait qu'il fût traité avec autant d'attention qu'on le fait aujourd'hui pour la cause environnementale.
La démolition de la superbe chapelle néo-gothique de Lille en février 2021, avec l'accord de la ministre de la Culture de l'époque, ou la récente destruction volontaire d'une superbe maison alsacienne par un maire inconséquent montrent que, nous aussi, nous avons nos propres vandales !
À méditer sérieusement pour l'avenir de nos sociétés et pas seulement au moment des "Journées du Patrimoine" de septembre.
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1.Ce reportage nous laisse entrevoir ce que dut être l'iconoclasme protestant au XVIe siècle, les destructions révolutionnaires de la fin du XVIIIe ou les saccages des guerres des XIXe-XXe siècles.
2.Nous n'ignorons pas ici la bonne volonté de certains et le savoir-faire indéniable d'autres.
3.Il est bien dommage que le reportage de Public Sénat n'ait pas été réalisé par France TV ou Arte.
Les découvertes sur Villandry sont dans la Nouvelle République et sur TV Tours
J'eus l'occasion d'évoquer ici mes récentes découvertes sur Villandry (architecte et espaces XVIIIe).
Elles sont désormais à lire dans la presse, de Tours à Poitiers, en radio (RCF) et sur TV Tours.
Le XVIIIe siècle, nouvelles perspectives touristiques et culturelles pour Villandry :
Article Nouvelle République, Tours, 7 juin 2022
Interview Centre Presse, Poitiers, 4 juin 2022
Reportage TV Tours, 7 juillet 2022
Cet article est illustré par deux détails de la petite chapelle (niche et voûte).
Blondel - Mansart de Sagonne : le talent escamoté
Les actes du colloque Jacques François Blondel. La dernière leçon de l’architecture à la française tenu à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, le 14 décembre 2017, viennent de paraître, aux éditions Mardaga, sous la direction d’Aurélien Davrius, maître de conférences à l’École supérieure d'Architecture Paris-Malaquais.
Le sommaire est excellent et vous pourrez y découvrir mon article "Blondel et les Mansart : une leçon particulière" (p. 33-53).
Il est l’occasion de rappeler les relations ambivalentes qu’entretînt le grand maître de l’enseignement de l’architecture en France au XVIIIe siècle envers ceux qu’il considérait comme des modèles, à prendre ou à rejeter suivant qu’ils relevaient du génie ou du talent.
Si le goût prononcé de Blondel pour l’œuvre de François Mansart est bien connu, on oublie souvent, cependant, qu’il montra un égal attrait pour l’activité de Jules Hardouin-Mansart, partagé entre l’intellect de l’un et l’affect de l’autre.
S’agissant du troisième membre de la dynastie, à savoir Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, architecte du roi, Blondel l’ignora superbement, n’évoquant ses bâtiments que de manière sporadique et laconique.
On découvrira dans cet article comment leurs relations communes avec le grand sculpteur-ornemaniste Nicolas Pineau, mais aussi avec les Voyer d’Argenson via l’Académie de Saint-Luc ou le projet de Trianon allemand que constituait le château de Jägersburg pour le duc Christian IV des Deux-Ponts, furent autant de motifs d'achoppement et de rivalités entre les deux hommes.
Cette relation « particulière » rejaillit naturellement sur Pierre Patte, disciple de Blondel, qui succéda à Mansart de Sagonne au service du prince allemand.
Après Blondel, l’activité de Mansart de Sagonne fut escamotée à son tour par Pierre Patte, notamment dans son grand ouvrage Monuments érigés en France à la gloire de Louis XV (1765) qui entendait recenser les grands projets de places royales dédiées au roi. Le dernier Mansart n’y apparait pas quoique, suite à mes travaux en thèse, il figure comme l’architecte du roi ayant le plus investi ce thème, tant à Paris qu’à Marseille*.
Ses grands projets royaux, dont celui de l’église royale Saint-Louis de Versailles, ne seront guère mieux traités par les deux hommes. C’est ainsi que l’architecte du roi demeura un éternel inconnu jusqu’au XXe siècle.
Après tant de vicissitudes, je livre donc aux amateurs d’architecture XVIIIe cet aspect méconnu de l’activité de Blondel et de ses liens avec le dernier Mansart.
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*Voir mes articles :
-"Un projet inédit de place royale et d’hôtel de ville à Marseille par Mansart de Sagonne (1752)", Bulletin Monumental, 1996, n° 1, p. 129-147.
-"Les projets de Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne pour la place Louis XV de Paris (1748-1753)", Paris, capitale des arts sous Louis XV, annales du Centre Ledoux, tome 2, Paris-Bordeaux, 1998, p. 129-147.
-"L'hôtel de ville de Marseille. Vicissitudes de l'aménagement urbain sous Louis XV" in Hôtels de ville. Architecture publique à la Renaissance, ouvrage collectif sous la direction d'Alain Salamagne, Rennes et Tours, 2015, p. 319-344.
Attributions Mansart, 1988-2022
Depuis plus de 30 ans, mes recherches m'ont conduit sur la piste de plusieurs bâtiments et projets rendus ou attribuables aux cinq Mansart.
Après l’article général sur la dynastie, publié en décembre 2016, dans le n° 11 du Bulletin de la Société des Amis du Château de Maisons, il m'a semblé intéressant d’en rappeler la liste aux historiens et amateurs des XVIIe-XVIIIe siècles.
Cette liste sera complétée à chaque nouvelle découverte :
François Mansart (1598-1666)
-Château des Hauldres à Étiolles (Essonne), 1641-16421
-Château de Trois-Villes (Pyrénées Atlantiques), 1660-16632
Jules Hardouin-Mansart (1646-1708)
-Hôtel de Beauvillier, 12-14 rue de l’Indépendance américaine, Versailles, 16813
-Hôtel de Chevreuse, 8-10bis rue de l’Indépendance américaine, Versailles, 16823
-Hôtel de Croissy, 7 rue de l’Indépendance américaine, Versailles, 16833
-Porte de l'abbaye Notre-Dame-des-Anges, Saint-Cyr, vers 168519
-Pavillons d'entrée de la cour du château et pavillon de Manse à Chantilly, 1686-1688
-Hôtel-Dieu, Saint-Aignan-sur-Cher (Loir-et-Cher), 16994
-Parc et jardins du château de Sourches (Sarthe), d'après le projet livré, 1701, parachevé en 17125
-Chapelle du château de Serrant (Maine-et-Loire), d'après le projet livré, années 17006
Pierre Delisle-Mansart (1641-1710)
-Maisons du marché Notre-Dame, Versailles, 1672-16747
-Maison Delisle-Mansart, 2 rue au Pain, Versailles, 16727
-Maison de la veuve de La Rue, 4 rue au Pain, Versailles, 16727
-Maison de Mathurin Lamy, notaire, 17 rue des Deux-Portes, Versailles, 1673-16747
-Maison de Melle des Œillets, 12 rue André Chénier, Versailles, 1673-1674 (détruite)7
Jean Mansart de Jouy (1705-1783)
-Hôtel Potier de Novion, 12 rue du Parc Royal, Paris, 17338
-Église Saint-Médard (décor intérieur), Brunoy, 1748-17509
-Projet pour le château de Sourches (Sarthe), 1747-174810
-Restauration des 21 fermes du marquisat de Sourches, 1747-175210
-Pavillon neuf du château de Chaillou, Indre, 175611
-Pavillon de chasse de Louis-Charles de Bourbon, comte d'Eu, en forêt de Dreux, 175612
-Hôtel de Chalabre, rue de Gramont, Paris, 1770-1774 (détruit)13
-Maison Dière, 23-25 rue Grenelle-Saint-Honoré, Paris, 1770-177613
Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dit aussi Mansart de Lévy (1711-1778)
-Maison Poisson, 50 rue de Richelieu, 173814
-Maison Richard, 100 rue de Richelieu, 1738 (détruite)14
-Maison de Mansart de Sagonne (ancienne mairie), Ivry-sur-Seine, 1738-1739 (détruite)14
-Extension du château de la Source, près d'Orléans, et remise au goût du jour des intérieurs pour Simon Boutin, début des années 17403
-Hôtel de Marsilly, 18 rue du Cherche-Midi, 1739-174014
-Maison Saint-Florentin (lycée Lamartine), 121 rue du faubourg Poissonnière, Paris, 174014
-Hôtel de Mannevillette, 18 rue Hoche, Versailles, 174614
-Chartreuse de Lugny, Côte-d'Or, années 174017
-Monastère royal Notre-Dame de Prouille (Aude), 1746-178714
-Château et haras royaux d’Asnières-sur-Seine, 1750-1755 (vestiges)15
-Hôtel de Crèvecœur, 4 rue La Feuillade et 4-4bis rue des Petits-Pères, Paris, 175014
-Projet de galerie à couverture zénithale pour le palais de Cassel (Allemagne), 1750 (non réalisé)14
-Maison Bourgeois, 62 rue Montmartre, 1750-1751 (vestiges)14
-Château de Jägersburg, Homburg (Allemagne), 1752-1756 (détruit)14
-Château de Jossigny (Seine-et-Marne), 175314
-Maison Dubois, 2 place Hoche, Versailles, 175318
-Hôtel-Dieu, Marseille, 175314
-Pavillon Letellier, 14 rue du Maréchal Joffre, Versailles, 1754-175514
-Église des Carmes-Billettes, 22-26 rue des Archives, Paris, 1754-1758 (d’après Mansart de Sagonne) 14
-Château de Montauger, Lisses (Essonne), 1759-1762 (vestiges)14
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Références
1. Identifié en 2007.
2. Identifié en 2013.
3. Identifié en 2010, Cf. article sur ces trois hôtels en 2011.
4. Identifié en 2011.
5. Aimablement signalé par Damien Castel en 2022.
6. Identifié en 2019.
7. Identifiée en 2011.
8. Aimablement signalé par Christian Baulez en 2013.
9. Identifiée en 2011
10. Aimablement signalé par Damien Castel en 2022.
11. Aimablement signalé par Ludovic Vieira (♦2019), 2000.
12. Identifié en 2021.
13. Aimablement signalé(e) par Christian Baulez en 2012.
14. Identifié entre 1995 et 2000, cf. Ph. Cachau, Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dernier des Mansart (1711-1778), thèse d’histoire de l’art, Paris-I Panthéon-Sorbonne, 3 tomes, 2004.
15. Identifiés en 1988.
16. Identifié en 2013.
17. Aimablement signalé par Fabrice Ouziel.
18. Identifiée en 2011.
19. Identifiée en 2022.
Ouvrage Chancellerie d'Orléans 2022. Examen critique
À l'heure où certains s'arrogent des sujets qu'ils ne maîtrisent pas toujours, il est bon de livrer un examen critique de leurs travaux.
C'est ce à quoi je me suis livré à propos de l'ouvrage La Chancellerie d'Orléans. Renaissance d'un chef-d'oeuvre XVIIIe-XXIe siècles, paru en février 2022*.
Le quatrième de couverture assure qu'il a été rédigé par "les meilleurs spécialistes". Je démontre ici qu'il n'en est rien ou pas vraiment pour certains d'eux.
L'objet de mon propos, au-delà des inexactitudes, est de montrer le mode de travail et l'état d'esprit de membres du comité scientifique, retenus on ne sait trop comment parfois**, se livrant à une exploitation éhontée de mes travaux en les citant à minima, voire pas du tout.
On verra comment certains ont priviligié en effet mes travaux sur le chantier du château d'Asnières plutôt que d'évoquer ceux sur l'hôtel de Voyer, objet de l'ouvrage, ou ma publication en 2020 sur Julien-David Le Roy, conseiller artistique du marquis de Voyer. Publication qui n'apparait d'ailleurs pas dans la bibliographie.
Je laisse le soin à chacun de se forger un avis mais l'on constatera, au bout du compte, qu'il n'est pas donné, à qui le veut, de traiter un sujet aussi vaste et complexe sans y laisser quelques plumes ...
Ceux qui me suivent sur ce site, depuis sa création en 2010, savent combien le sujet du marquis de Voyer m'est cher.
Bonne lecture !
Document à télécharger :
Ouvrage Chancellerie d'Orléans, examen-critique, Ph. Cachau, mai 2022, pdf
* Éditions Faton.
** Les véritables historiens du sujet n'ont pas été, en effet, associés comme le montre la biblioraphie en fin de propos.
Nicolas Pineau : un grand maître du style rocaille
Nicolas Pineau (1684-1754) figure aux côtes de Gilles-Marie Oppenord (1672-1742) et de Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750) au rang des trois grands ornemanistes français de style rocaille. Comme eux, il fut aussi architecte.
Après le décès d’Oppenord en 1742, puis de Meissonnier en 1750, Pineau apparut comme le dernier grand maître du genre jusqu’à son décès en 1754, année qui marque clairement le passage au néo-classicisme.
Né à Paris en 1684, Nicolas Pineau était le fils de Jean-Baptiste Pineau, l'un des ornemanistes de l’agence de Jules Hardouin-Mansart à Versailles. Nicolas apprit l’architecture auprès de ce dernier et se forma à la sculpture auprès d’Antoine Coysevox (1640-1720), ami d’Hardouin-Mansart. L’art de l’ornement lui vînt au contact de l’orfèvre Thomas Germain (1673-1748).
La fin du règne de Louis XIV s’avéra une période difficile pour les commandes tant publiques que privées. Faute de travail, Pineau fut, par son talent, employé en 1716 en Russie dans le sillage des artistes et artisans recrutés par Jean-Baptiste-Alexandre Le Blond (1679-1719).
Il reçut le titre de « Premier sculpteur de Sa Sacrée Majesté Czarienne » Pierre Le Grand (1672-1725) et demeura à son service jusqu’au décès du souverain. Faute de commandes suffisantes, une fois encore, l’ornemaniste décida de rentrer à Paris avec femme et enfants en 1727.
En Russie, Pineau fut l’auteur de nombreux décors dont ceux du palais de Peterhof et du palais d’été à Saint-Pétersbourg. Il dirigea le décor des funérailles du tsar et donna le dessin de son catafalque. Sa longue présence en Russie explique l’important fonds de dessins conservé à Saint-Pétersbourg.
Pineau ne manqua pas non plus d’intéresser la cour voisine et rivale de Stockholm, ville qui dispose aussi d’un important fonds.
À son retour à Paris en 1727, l’artiste abandonna l’architecture ‒ qu’il pratiquait depuis la mort de Jean-Baptiste-Alexandre Le Blond en 1719 ‒ au profit de la sculpture d’ornements. L’abondance d’architectes, ou prétendus tels, dans la capitale l’avait orienté dans cette voie, laquelle s’avéra fructueuse.
Pineau fut vite employé, en effet, par les architectes parisiens Jean-Baptiste Leroux, Michel Tannevot, Pierre Boscry, voire des grands noms de l’architecture rocaille du moment, tels Germain Boffrand, Jacques V Gabriel et, surtout, à compter de 1734, Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne dont il devint l’intime. Les deux hommes étaient liés en effet par la personnalité d’Hardouin-Mansart.
Ajoutons, entre-temps, à la fin des années 1720, la rencontre avec Jacques-François Blondel, figure montante de l’enseignement et de la théorie de l’architecture à Paris au XVIIIe siècle, dont Pineau devint l’ami et le témoin au mariage en 1729.
L’amitié avec Pineau et la jalousie de Blondel envers l’activité croissante et prestigieuse du dernier des Mansart furent les causes principales du mutisme opéré sur ce dernier au milieu du siècle dans ses ouvrages, ainsi que l’ont révélé mes recherches universitaires dans les années 1990-2000, publiés dernièrement1.
Au décès de son père en 1754, Dominique Pineau (1718-1786) poursuivit l’activité familiale. Il épousa le néo-classicisme en vigueur mais n’eut pas, cependant, la même audace et la même notoriété que son père dans le goût rocaille.
Affecté par le décès de sa seconde épouse en 1779, Dominique Pineau sombra dans la folie et dut être placé sous tutelle. Il se retira à Saint-Germain-en-Laye ou il décéda en 1786. Ces aspects méconnus de sa vie et de sa carrière ont pu être identifiés patiemment par mes soins à l’occasion des recherches susdites2.
Les Pineau père et fils étaient membres de l’Académie de Saint-Luc à Paris, protégée par les Voyer d’Argenson père et fils, le comte Marc-Pierre d’Argenson (1696-1764) puis le marquis Marc-René de Voyer (1722-1782)3. Ces derniers assurèrent la réputation artistique de l’institution au XVIIIe siècle, souhaitant rivaliser avec l’Académie royale de Peinture et Sculpture.
Nicolas Pineau œuvra ainsi pour le marquis de Voyer aux merveilleux ornements et boiseries de son château d’Asnières-sur-Seine, assurant par son talent la réputation de « connaisseur » du marquis4.
La belle notoriété des Pineau au milieu du XVIIIe sombra peu à peu dans l’oubli jusqu’au milieu du XIXe siècle.
Sous le Second Empire et l’impulsion donnée par les frères Goncourt, ainsi que par l’impératrice Eugénie, tous trois séduits par l’élégance du style rocaile dit "Louis XV", les Pineau éveillèrent la curiosité d’Émile Biais, éminent historien, collectionneur, archiviste et archéologue d’Angoulême, conservateur des archives et bibliothèque de la ville, qui devint leur principal biographe dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Les Pineau étant originaire des Charentes, Biais put avoir accès aux archives familiales, aujourd’hui dispersées, voire perdues. Il collectionna de nombreux dessins et souvenirs dont leurs portraits.
Au début du XXe siècle, l’historien de l’art et dessinateur Léon Deshairs (1874-1967) dressa, quant à lui, l’inventaire général du fond de dessins des Arts Décoratifs à Paris, se révélant à son tour l’autre référence sur Nicolas et Dominique Pineau.
Traité plus ou moins sommairement par les historiens Fiske Kimball et Louis Hautecœur, dans les années 1940-1950, Nicolas Pineau connut une éclipse jusqu’à la fin du XXe siècle. C’est ainsi qu’il fut totalement omis dans l’ouvrage de Jean-Marie Pérouse de Montclos sur l'Histoire de l’architecture française de la Renaissance à la Révolution, publié chez Mengès en 1989.
Du milieu des années 1980 au milieu des années 1990, Nicolas Pineau refit peu à peu surface à travers les travaux de Marianne Roland-Michel sur le peintre Lajoue et, surtout, de Bruno Pons5.
En 1996, dans le cadre de ma thèse de doctorat d’histoire de l’art sur Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, soutenue en juin 2004 à Paris-I sous la direction de Daniel Rabreau6, je poursuivis avec grand intérêt les travaux de MM. Biais et Deshairs.
Ce fut pour moi l’occasion d’approfondir, dans les sources existantes, la biographie et l’activité des deux Pineau. Je parvins, non sans mal, à identifier la fin de la vie de Dominique et sa succession, demeurées ignorées jusqu’ici.
Je procédai parallèlement à l’examen approfondi du style de Nicolas Pineau. Examen qui ne se basa pas uniquement sur le fonds de dessins du musée des Arts Décoratifs à Paris mais aussi, de manière plus tangible, sur les réalisations de Mansart de Sagonne pour autant qu’elles subsistent. En effet, du dessin à la pratique, il y a une marge et ce d’autant que la présence de Dominique sur certains chantiers a pu parfois fausser l’appréciation.
Les personnes intéressées trouveront ainsi dans ma thèse, une étude complète et inédite sur les deux hommes, leurs familles respectives, leur style et la nature de la collaboration entre architecte et ornemaniste au XVIIIe siècle sous le prisme Pineau ‒ Mansart de Sagonne.
Signalons que Fabrice Ouziel, architecte-décorateur parisien, avait procédé en 1991, avec Dominique Fernandes, à la rédaction de l’étude préalable sur le château d’Asnières dans le cadre du projet de restauration placé sous la conduite d’Hervé Baptiste, architecte des Monuments historiques. Il poursuivit de son côté l’examen de la carrière de Nicolas Pineau. Ce fut pour nous l’occasion d’échanges et de découvertes réciproques.
En 2009, je livrais partie de mes travaux sur l’ornemaniste dans mon ouvrage sur la cathédrale Saint-Louis de Versailles, une des réalisations majeures de Nicolas Pineau avec Mansart de Sagonne avant le château d’Asnières (ornements intérieurs et extérieurs dans les deux cas)7.
Cette publication fut précédée en 2008, dans le cadre des Cahiers Philidor du Centre de Musique baroque, de mon étude sur la maison des Italiens, rebâtie en 1752, dans l’ancien village de Montreuil, près de Versailles, devenu un quartier de la ville.
Cette publication eut pour écho en 2011 et 2012, dans Les Cahiers d’Histoire de l’Art, celle sur le château de Jossigny (Seine-et-Marne), les ornements moulés de Pineau ayant été employés à une année d’écart (1753) sur les deux édifices situés d’un bout à l’autre de l’Ile-de-France.
En mars 2022, la publication des Amis du Château et du Vieil Asnières, Le Courrier du Château, informe les adhérents d’« un projet de catalogue raisonné du travail de Pineau ».
On regrettera une fois encore, comme pour l’ouvrage sur les décors de l’hôtel de Voyer dit « Chancellerie d’Orléans », paru en février dernier, que les principaux concernés n’aient pas été associés. L’esprit de cour et les amitiés valent mieux que la compétence, c’est là un mal bien français.
On peut être d’autant plus circonspect sur cette publication que le sujet Pineau ne se résume pas au fonds des Arts Décoratifs à Paris. La Suède et la Russie, comme indiqué plus haut, voire les États-Unis, disposent de fonds non négligeables. Avec le conflit en Ukraine, on sait d’ores et déjà que les fonds russes demeureront inaccessibles pour longtemps aux chercheurs occidentaux.
Le sujet est en effet très vaste, tant furent nombreux les commanditaires et les collaborations des deux Pineau. Il s’agit donc d’un long et patient travail de fond que seuls les connaisseurs du sujet, mais aussi de l’art rocaille, souvent négligé en France en matière d’architecture, sont en mesure de mener à bien8.
Les personnes souhaitant prendre connaissance de mes travaux sur Nicolas et Dominique Pineau, souvent peu connus de certains conservateurs et historiens de l’art, peuvent consulter ma thèse aux bibliothèques municipale de Versailles, du château de Versailles et de l’INHA.
Outre des éléments inédits, ils y trouveront l’intégralité de la bibliographie jusqu’en 20049.
Bonne découverte !
Mes travaux sur Nicolas Pineau :
-"Blondel et les Mansart : une leçon d’architecture particulière", Jacques-François Blondel, la dernière leçon d’architecture « à la française », actes du colloque international Jacques-François Blondel, Cité de l’Architecture et du Patrimoine, Aurélien Davrius (dir.), Bruxelles, 2022, p. 33-53.
-"Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, premier architecte des États de Bourgogne (1742-1746-1776), Revue Dijon Histoire et Patrimoine, n° 81, 2021, p. 17-29.
-"Le mécénat du marquis de Voyer au château et aux haras d'Asnières-sur-Seine : enjeux politiques et culturels (1750-1755)", Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français, année 2013, 2017, p. 139-171.
-"Le fabuleux ensemble de M. Boutin, rue de Richelieu", Paris au cœur, Bulletin de la Société historique et archéologiques des 1er et 2e arrondissements de Paris, n° 7, 2017, p. 7-9.
-"L’entrepôt général d’Asnières ou les beaux haras oubliés du marquis de Voyer (1752-1755)", Revue des Amis du Cadre noir de Saumur, n° 89, 2016, p. 57-60.
-"Le château de Christian IV, duc des Deux-Ponts, à Jägersburg. Un château français en Allemagne (1752-1756)", revue Francia, n° 39, Institut historique allemand, Paris, 2012, p. 135-165.
-"Le château de Jossigny : une réalisation pittoresque de Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne", Les Cahiers d'Histoire de l'Art, n° 9, 2011 (1ère partie), p. 52-71 et n° 10, 2012 (2e partie), p. 60-74.
-"Le château de Jossigny : une réalisation pittoresque de Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1753)", Les Cahiers d’Histoire de l’Art, n° 9, octobre 2011, p. 52-71.
-"La maison des Musiciens Italiens de Montreuil à Versailles", Cahier Philidor, n° 35, décembre 2008, p. 1-59 (étude en ligne sur le site du Centre de Musique Baroque de Versailles, http://philidor.cmbv.fr).
-Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dernier des Mansart (1711-1778), thèse d’histoire de l’art, Paris-I Panthéon-Sorbonne, juin 2004, Daniel Rabreau (dir.), 3 tomes.
Réalisations de Nicolas et Dominique Pineau pour Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1734-1754)
-Maison des dames de Saint-Chaumont, rue Saint-Denis, Paris (1734)10.
-Maison Poisson, 50 rue de Richelieu, Paris (1738)11.
-Grand et petit hôtel Boutin + maison à loyer, rues de Richelieu et Saint-Augustin, Paris (1738-1740)12.
-Hôtel de Marsilly, rue du Cherche-Midi, Paris (1739-1740)13.
-Château de la Source, Orléans (années 1740)14.
-Maison Saint-Florentin (lycée Lamartine), 120 rue du Fbg Poissonnière, Paris (1740)15.
-Église royale Saint-Louis de Versailles (1742-1754)16.
-Château d’Asnières-sur-Seine (1750-1752)17.
-Entrepôt général des haras d’Asnières (1752-1755)18 .
-Maison Clautrier, 56 rue des Francs-Bourgeois, Paris (1752)19.
-Maison des Italiens, 15 rue Champs-Lagarde, Versailles (1752)20.
-Château de Jossigny, Seine-et-Marne (1753)21.
-Château de Jägersburg, Deux-Ponts, Allemagne (1753-1756)22.
-Maison à loyer dit « Pavillon Letellier », 14 rue du Maréchal Joffre, Versailles (1754-1755)23.
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1.Voir ma thèse Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1711-1778), dernier des Mansart, Paris-I, juin 2004, t. I, p. 973-979 et notre article « Jacques-François Blondel et les Mansart : une leçon d’architecture particulière », actes du colloque Jacques-François Blondel, Cité de l’Architecture, Aurlien Davrius (dir.), Bruxelles, Mardaga, p. 33-49 (à paraitre en mai 2022).
2.Ibid, t. I, p. 334.
3.Ibid, p. 335-336.
4.Ibid, t. II, p. 1161-1177 et notre article "Le mécénat du marquis de Voyer au château et aux haras d'Asnières-sur-Seine : enjeux politiques et culturels (1750-1755)", Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français, année 2013, 2017, p. 139-171.
5.Voir bibliographie dans le texte joint plus bas.
6.Elle fit suite à une maîtrise sur le même sujet effectuée en 1988-1989 à Paris-IV sous la direction d’Antoine Schnapper et de Claude Mignot.
7.Cf. La cathédrale Saint-Louis de Versailles, Paris, Somogy, 2009, p. 43-45.
8.Un jeune historien des Arts Décoratifs prétendit, avec belle assurance, nous livrer une leçon sur Nicolas Pineau sans s’être donné la peine de consulter préalablement nos travaux.
9.Les notes restent accessibles à ceux qui voudront consulter la thèse.
10.Maison de retraite des dames de la bonne société placée sous la protection des religieuses de Notre-Dame de Bon Secours, dite « de Saint-Chaumont ».
11.Maison de la mère de Mme de Pompadour et du mariage de celle-ci avec Charles-Guillaume Le Normant d’Etiolles.
12.Ensemble du financier Simon Boutin, receveur général des finances de la généralité de Tours.
13.Hôtel de l’entrepreneur parisien Claude Bonneau.
14.Château de Simon Boutin et sa descendance. Certains éléments décoratifs (boiseries, portes, cheminées, niches de poêle) ont été identifiés par nos soins et signalés en 2021 à la direction des Monuments historiques, DRAC Centre-Val-de-Loire, dont nous attendons la mise en protection (inscription ou classement).
15.Petite maison du comte de Saint-Florentin, ministre de la Maison du roi. Si les boiseries ornées de grotesques de la chambre au premier étage ont été classées en 1923, il n’en va pas de même de celles du salon au rez-de-chaussée, devenu secrétariat du lycée. Ces boiseries, encore couvertes d’anciens papiers peints dans les années 2000, attendent toujours aussi leur mise en protection. Elles ont été signalées à plusieurs reprises à la direction des Monuments Historiques, DRAC Ile-de-France, et pour mémoire en octobre2021.
16.Premier chantier religieux de Louis XV.
17.Château de Marc-René de Voyer d’Argenson, marquis de Voyer.
18.Etablissement central des haras du roi de 1755 à 1764 au moins.
19.Appartements et bureaux de Gilbert-Jérôme Clautrier, 1er commis du Contrôle général des finances.
20.Petite maison de la comtesse d’Argenson et son amant, le marquis de Valfons.
21.Résidence de plaisance du parlementaire Claude-François Le Conte des Graviers.
22.Résidence de chasse du duc Christian IV des Deux-Ponts, prince palatin.
23.Maison à loyer du grand entrepreneur parisien Louis Letellier.
Jules Hardouin-Mansart, l'architecte-jardinier
On conçoit mal qu'un architecte puisse être jardinier et vice-versa.
La relecture des écrits d'Alexandre Gady sur l'activité jardinière d'Hardouin-Mansart dans son ouvrage collectif, paru en 2010, et dans le catalogue de l'exposition Le Nôtre à Versailles en 2013, brillant dans la forme mais léger quant au fond*, m'a conduit à livrer ici un propos plus dense, extrait de mon ouvrage sur la dynastie Mansart, à paraitre.
Il m'a paru judicieux, en effet, de rappeler à tous les amateurs de jardins et d'architecture des XVIIe-XVIIIe siècles, combien Hardouin-Mansart demeure un acteur important dans la conception des jardins à la fin du XVIIe et durant la première moitié du XVIIIe.
Cet aspect avait déjà été évoqué à plusieurs reprises par l'universitaire américain Thomas Hédin, s'agissant des jardins de Versailles et ce bien avant que les historiens français en soient pleinement conscients.
Fort des travaux de Bertrand Jestaz, le grand spécialiste de l'activité d'Hardouin-Mansart, et des travaux récents sur le sujet, je livre donc au lecteur un propos général sur l'activité jardinière de ce Mansart, tant dans les résidences royales (Versailles, Marly, Trianon) que dans les résidences princières ou châteaux français.
J'y rappelle l'apport de l'architecte-jardinier sur la base des concepts établis par Le Nostre et comment il s'en émancipa pour établir ceux qui devaient dominer la première moitié du XVIIIe siècle.
Ce propos entend amener le visiteur des jardins de Versailles à juger de la pertinence du retour au prétendu "état Le Nôtre" - il n'en est rien en vérité - voulu par Jean-Pierre Babelon en 1995, alors directeur de l'établissement public du domaine national, suite à la tempête survenue en février 1990. Retour qui fut conduit de la fin des années 1990 au milieu des 2010 par Pierre-André Lablaude, architecte en charge des jardins de Versailles, suite à la dramatique tempête de décembre 1999.
Cet "état Le Nôtre" apparait, après analyse, bien illusoire en raison de l'impossibilité même de rétablir certains bosquets fort complexes (Labyrinthe, Théâtre d'Eau), et par l'évolution même des bosquets sous Louis XIV comme je le rappelle dans le propos en pièce jointe.
Contrairement au domaine de Trianon, auquel Lablaude sut redonner sa belle physionomie de la fin XVIIIe, les jardins de Versailles sont aujourd'hui un patchwork d'états divers (Le Nostre, Hardouin-Mansart, XVIIIe, XIXe et XXIe), bien loin de l'état voulu par le Roi-Soleil à la fin de son règne comme de celui laissé par Louis XVI, suite à la replantation de 1774-1776, au départ de la cour en octobre 1789. État que nous fûmes un certain nombre à connaitre et à avoir apprécié au XXe siècle et ce jusqu'aux derniers aménagements des années 2010.
Un retour à l'état fin XVIIIe, celui du départ de la cour en 1789, pertinemment établi par Pierre de Nolhac il y a plus d'un siècle, s'imposera donc dans les décennies à venir afin de concilier, enfin, état intérieur du corps central du château et état extérieur des parc et jardins.
C'est tout l'objet du propos ici délivré.
Bonne réflexion à tous !
Ph. Cachau, Jules Hardouin-Mansart, l'architecte-jardinier, avril 2022
Dernière découverte, mai 2022 :
Jules Hardouin-Mansart apparait comme l'auteur du dessin des parc et jardins du château de Sourches (Sarthe), exécutés par le jardinier du lieu, de 1701 à 1712, pour François-Louis du Bouchet, marquis de Sourches (1645-1716), grand prévôt de France à Versailles, gouverneur du Maine et célèbre mémorialiste du règne de Louis XIV.
Son petit-fils Louis II du Bouchet fera travailler, au milieu du XVIIIe siècle, Jean Mansart de Jouy à Sourches et Abondant (Eure-et-Loir, boiseries au Louvre).
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*Le propos d'Alexandre Gady dans le catalogue Le Nötre en 2013 (p. 164-169) est plutôt succinct et l'on comprend qu'il ait confié le sujet à Claude Mignot dans son ouvrage sur Hardouin-Mansart en 2010 (p. 113-123).
Claude Mignot reprend la légende d'un Le Nostre formé par François Mansart, quand Patricia Bouchenot-Déchin rappelle, à juste titre, qu'il était issu d'une dynastie de jardiniers du roi, originaires de Blois, établis à Paris à compter de 1570 (2013, p. 35).
Le Nostre collabora aux côtés de François Mansart en tant que "Premier jardinier de Monsieur", frère du roi, Gaston d'Orléans, puis de Philippe d'Orléans, frère cadet de Louis XIV. Les deux hommes échangèrent leur expérience respective en matière d'architecture et de jardin mais aussi d'hydraulique.
Rappelons que les travaux d'Alexandre Gady sur Hardouin-Mansart se limitent à quelques publications, l'essentiel des recherches sur le sujet ayant été effectué par Bertand Jestaz depuis les années 1950-1960, pour la vie et l'activité, publiées aux éditions Picard en 2008, et par mes soins, pour sa succession et sa famille, dans ma thèse soutenue à Paris-I en 2004. Recherches commençées à la fin des années 1980. J'ai enrichi depuis lors, substanciellement, le corpus de l'oeuvre d'Hardouin-Mansart.
Je regrette que ma participation à l'ouvrage de M. Gady fut réduite à la portion congrue et que je dus défendre la généologie indédite de l'architecte que j'avais soigneusement établie dans ma thèse. C'est d'ailleurs une généalogie erronée, et non la mienne, qui fut présentée à l'exposition du musée Carnavalet sur l'architecte en 2009.
Il est important de livrer ces éléments d'informations au lecteur afin de connaitre les compétences réelles des uns et des autres sur le sujet Hardouin-Mansart.
Langeais Patrimoine : restauration et valorisation des églises de Langeais
Créée en janvier 2021, Langeais Patrimoine a pour objet la restauration et la valorisation patrimoniale des trois églises de la ville :
Saint-Jean-Baptiste, Saint-Laurent, Notre-Dame-des-Essarts.
Pour plus d'informations :
www.langeais-patrimoine.fr/adhesion.pdf
contact@langeais-patrimoine.fr
Emission Tilt, TV Tours, 16 mars 2022
(mon intervention à 7'24)
Les Gabriels, architectes en Touraine au XVIIe siècle
Célèbre dynastie d’architectes des XVIIe-XVIIIe siècles au même titre que celle des Mansart à laquelle ils étaient apparentées – une nièce de François Mansart, Marie Delisle, sœur de Pierre Delisle-Mansart et cousine germaine de Jules Hardouin-Mansart, avait épousé en 1663 Jacques IV Gabriel (vers 1639-1686) –, une partie des Gabriel quitta sa Normandie d’origine pour s’établir en Touraine au début du XVIIe siècle avant de s'en aller faire une prestigieuse carrière à Paris et Versailles.
Dans les années 1630, Jacques II Gabriel (1605-1662) quitta Argentan (Orne), où demeurait son frère aîné Maurice (1602-1649), pour s’établir dans la riche contrée de Saint-Paterne, entre Tours et Le Mans, sur la route reliant les deux villes, où se trouvait l’importante abbaye de la Clarté-Dieu.
Ces terres fécondes devaient constituer, dans les années 1660, celles que Louis XIV offrit à sa maîtresse Louise de La Vallière, d'origine tourangelle (née à Tours en 1644), pour constituer le duché de La Vallière.
Ceci explique en partie pourquoi la descendance de Jacques II Gabriel s’en alla œuvrer à Paris et Versailles après son décès en 1662 pendant que l’autre partie demeura à Saint-Paterne où demeure encore cette descendance de la famille.
La première et seule réalisation attestée de Jacques II Gabriel, en l’état actuel des connaissances, est le château de la Roche-Racan à Saint-Paterne, bâti au début des années 1630 pour Honorat de Bueil (1589-1670), seigneur de Racan, poète réputé du règne de Louis XIII, devenu l’un des 40 premiers membres de l’Académie française créée par Richelieu en 1634-1635.
Rappelons que ce même Richelieu avait établi, de 1624 à 1642, son château et sa cité voisine en sud-Touraine où se trouvaient d’autres grands seigneurs parisiens (Le Bouthillier, Mexme Gallet) et poitevins (De La Trémoille).
Au château de La Roche-Racan, Jacques II Gabriel se livra à un intéressant jeu de terrasse au-dessus de la vallée de l’Écotais et érigea un grand corps de logis perpendiculaire à la grande terrasse.
Dans ce qui reste du logis, on peut encore voir le superbe escalier à rampe sur rampe de Jacques II Gabriel, agrémenté de pilastres ioniques et d'une belle stéréotomie, cet art si français de lier alors les pierres entre elles.
Les proportions de l'ensemble sont un peu maladroites mais le château dut faire sensation en son temps dans cette partie de la Touraine.
On peut aussi rendre à Jacques II Gabriel, ainsi qu'à ses fils Jacques IV et Pierre, ce dernier très actif dans le secteur, les superbes retables baroques de l’église de Saint-Paterne.
Les trois hommes ne manquèrent sans doute pas d’être sollicités également pour les retables et autres décorations baroques des environs, telles l’abbaye de La Clarté-Dieu ou la collégiale SS. Michel-et-Pierre de Bueil.
Mes recherches sur le château de La Motte à Sonzay ont permis d’identifier l’activité de Pierre Gabriel (1649-1695), 3e fils de Jacques II, issu d’un second lit, pour Marie-Anne de Bueil, épouse du comte Jean-Léonard d’Acigné, future mère du maréchal-duc de Richelieu.
En décembre 1685, Pierre Gabriel se vit commander le maître-autel baroque de l’église de Sonzay, détruit à la Révolution. Il ne fait pas de doute qu’il fut aussi l’auteur de la décoration de la chapelle du château de La Motte, exécutée à la même période.
La Motte était en effet, depuis le Moyen Age, un fief de la famille de Bueil et Jacques II Gabriel, père de Pierre, avait réalisé celle de La Roche-Racan en 1635-1636. Ajoutons que l’activité de Pierre Gabriel à La Motte-Sonzay est attestée dès 1679.
Le frère aîné de Pierre, Jacques IV Gabriel quitta la Touraine pour Paris en 1662-1663, donnant naissance ainsi à la branche des grands architectes du règne de Louis XV : Jacques V Gabriel (1666-1742), son fils, et Ange-Jacques Gabriel (1698-1782), son petit-fils.
Bibliographie :
Michel Gallet - Yves Bottineau (dir.), Les Gabriel, éd. Picard, Paris, 1982, réédition 2004.
Jean-Marie Pérouse de Montclos, Ange-Jacques Gabriel, l'héritier d'une dynastie d'architectes, CMN, Paris, 2012.










































