Arteaga : le château en Espagne de l'impératrice Eugénie et de Napoléon III (Pays basque espagnol)

Située dans la province de Biscaye en Espagne, à une dizaine de kilomètres au nord de la cité emblématique de Guernica, haut lieu des fueros - libertés locales - du Pays basque, la forteresse d'Arteaga fait partie, après Biarritz, des domaines impériaux oubliés de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie par les historiens du Second Empire, remis à l'honneur par mes soins sur ce site à compter de 2018.

Datée du XIIIe siècle, elle fut détruite en 1358 par Pierre Ier, roi de Castille et de Léon, dit "le Cruel".

Rebâtie ensuite, elle fut occupée, lors des guerres carlistes du début du XIXe, par les forces du général José Ortez de Velasco, demeurant à l'état de ruines jusqu'au milieu du siècle.

 

         Vue générale (cliché Ph. Cachau)                     Le château du côté de l'entrée (cliché Ph. Cachau)

 

La forteresse était devenue la propriété d'Eugénie de Montijo à la mort de son père en 1839 par ses liens avec la branche Arteaga de sa famille, fondatrice du lieu.

Très attachée à son Espagne natale qui lui manquait tant, Eugénie convainquit son époux Napoléon III de disposer, après Biarritz, d'une résidence côté espagnol. Le couple impérial était établi, rappelons-le, au Pays basque depuis 1854.

En 1856, le chantier de restauration fut confié à Louis-Auguste-Déodat Couvrechef (1827-1858), jeune architecte en charge de la restauration du château de Pau et de la réalisation de la résidence impériale de Biarritz.

À son décès prématuré en 1857, il fut remplacé par deux architectes impériaux successifs : Gabriel-Auguste Ancelet (1829-1895) jusqu'en 1864, Joseph-Auguste Lafollye (1828-1891) ensuite.

Les travaux de reconstruction dans le goût néo-gothique dureront jusqu’en 1865, suivi d'un entretien continu jusqu'à la chute du Second Empire en 1870.

Si Eugénie se rendit bien en Espagne dans les années 1860, elle et l'empereur n’y viendront jamais.

Arteaga figura parmi les résidences impériales de la liste civile comme lieu de résidence privée du couple impérial entre France et Espagne.

 

                             Le donjon depuis la cour du château (cliché Ph. Cachau)                          Blason de la famille Arteaga (cliché Philippe Cachau)

 

À la mort de Napoléon III en 1873, le château devint la propriété du prince impérial Louis-Napoléon. Au décès de celui-ci en 1879, il passa dans les mains d'Eugénie, puis dans la descendance de la famille d'Albe à son décès en 1920.

Arteaga figure aujourd’hui parmi les paradores d’Espagne, lieux de prestige installés dans des monuments historiques en déshérence.

Comme la plupart de celles du Moyen Age, cette modeste forteresse se compose d’un vaste donjon, au centre, avec enceinte et quatre tourelles d'angle dont deux grandes et deux petites.

Les armes recomposées de l'impératrice Eugénie, avec le blason de la branche Arteaga, figure au-dessus de l’entrée du donjon dans la cour.

Après Pierrefonds, dans le nord de la France dont elle est la petite sœur et la contemporaine, cette résidence impériale témoigne, à nouveau et plus modestement, du goût du médiéval du couple impérial suivant l'éclectisme en vigueur au milieu du XIXe siècle.

Je suis heureux d'avoir pu remettre la main - par la grâce du Ciel ! - sur l'ensemble de la documentation, particulièrement graphique, de cette résidence. Les conclusions de mes recherches seront publiées en 2026 à l'occasion du bicentenaire de la naissance de l'impératrice Eugénie.

 

         La cour du côté de l'entrée principale (cliché Ph. Cachau)                    Le donjon au nord-ouest (cliché Ph. Cachau)