Restauration de la cathédrale Saint-Louis de Versailles 2021-2022

Philippe CACHAU Par Le 04/04/2021 0

Dans Billets 2021

La cathédrale Saint-Louis de Versailles est l’un des édifices religieux majeurs du règne de Louis XV au même titre que les grandes églises parisiennes de la période1.

 

                                                                   La cathédrale Saint-Louis depuis le Potager du Roi, cl. Ph. Cachau

 

Depuis le mois de mars 2021, la cathédrale fait l’objet d’une grande campagne de restauration extérieure.

Cela faisait une vingtaine d’années que l’on n’était plus intervenu aussi massivement sur l’édifice : les dernières restaurations en la matière datent en effet du début des années 2000. Elles faisaient suite aux dégâts causées alors par la tempête de décembre 1999.

La présente campagne a pour objet :

1°) le ravalement de la façade principale et des deux tours latérales.

2°) la restauration des trois portes de la façade.

3°) la réfection du vitrail central en façade avec remplacement des fers dégradés de l'armature, des verres abimés et consolidation des plombs.

4°) la révision générale de la couverture des tours latérales (ardoises, plomb et étanchéité au droit des corniches).

5°) la mise en place d’un dispositif destiné à protéger durablement la pierre des déjections des pigeons2.

On regrettera dans ce beau programme, l’absence de mise en dorure des plombs extérieurs (bulbes des tours latérales, flèche du dôme3 et couverture de la chapelle axiale de la Vierge), qui pourraient faire l’objet d’une prochaine campagne d’intervention. Ainsi réhabilités, ils feraient un bel écho aux plombs dorés de la chapelle royale récemment dégagés.

 

          Plombs des tours latérales autrefois dorés, cl. Ph. Cachau                  La chapelle royale de Versailles en 2021, cl. Ph. Cachau

 

On ne peut qu’encourager une telle initiative afin de redonner à la cathédrale de Versailles et, plus largement aux églises de la cité royale, leur splendeur primitive. Ceci contribuerait à leur réhabilitation dans l’esprit des visiteurs de la ville comme chez les historiens et historiens d’art.

Rappelons que Versailles était alors la capitale administrative de la France, pays le plus peuplé et le plus puissant d’Europe.

L’église Notre-Dame, église primitive de la cité nouvelle de Louis XIV, disposait aussi de plombs dorés comme rappelé dans mon ouvrage en 2009, d’après un dessin retrouvé aux Archives nationales4.

 

                                Plombs dorés des tours latérales de Notre-Dame de Versailles,  détail,  Jules Hardouin-Mansart (agence),1684, Archives nationales                         Plombs autrefois dorés de la flèche et de la chapelle de la Vierge, cl. Ph. Cachau

 

Les lys de France du blason royal ailé dans le fronton central devraient être aussi rétablis durant cette campagne à l’instar d’autres édifices de la ville (église Notre-Dame, Bibliothèque municipale, ex-ministère des Affaires étrangères), tels que visibles dans les blasons royaux de la place Vendôme à Paris.

 

        Jules Hardouin-Mansart, fronton de la place Vendôme, blason ailé à fleurs de lys, détail, cl. Ph. Cachau                    Notre-Dame de Versailles, tours et fronton aux armes royales, cl. Ph. Cachau

 

                                                  Fronton principal de Saint-Louis de Versailles, blason royal ailé avec lys de France disparus, cl. Ph. Cachau

 

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1.Voir mon ouvrage publié en 2009 aux éditions Somogy. Ce bel édifice ne suscite pas, curieusement, autant d’intérêt médiatique que le Potager du roi voisin. Il contient pourtant parmi les chefs-d’œuvre de la peinture des XVIIIe-XIXe siècles et abrite l’une des plus belles charpentes de France.

2.Précisions aimablement communiquées par la Conservation régionale des Monuments historiques d'Ile-de-France.

3.La dorure de la flèche fut timidement engagée au début des années 2000. Rappelons que, sous l’Ancien Régime, il n’était pas concevable de laisser ainsi le plomb apparent d’un édifice royal, surtout lorsque aussi visible depuis la terrasse de l’Orangerie du château. La remise en dorure des bulbes redonnerait à l'édifice tout le prestige qui lui fait actuellement défaut.

4.Réflexions engagées suite à mes échanges avec Gérald Van Der Kemp en 1991.

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