Inauguration des décors de l’hôtel de Voyer dit « Chancellerie d’Orléans », 19 octobre 2021 : une consécration.

Après l’inauguration des appartements du Garde-Meuble de la Couronne, ex-hôtel de la Marine, en juin dernier, celle des décors de l’hôtel de Voyer - dénommé malencontreusement « de la Chancellerie d’Orléans » au XIXe siècle1 - aux Archives Nationales, le 19 octobre 2021, est l’autre moment majeur des arts décoratifs du XVIIIe siècle à Paris cette année.

 

                                                  Discours de Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, hôtel de Soubise, 19 octobre 2021, cl. Ph. Cachau

 

En venant rejoindre dans le quadrilatère des Archives, la maison érigée en 1752 pour Gilbert-Jérôme Clautrier, premier commis du Contrôle général de Finances, au n° 56 rue des Francs-Bourgeois, siège de la direction, ces décors procèdent au rapprochement incroyable des deux grands architectes de Marc-René de Voyer d’Argenson, marquis de Voyer : Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne pour la maison et Charles De Wailly pour les décors. Il est des hasards des plus étranges et celui-là est pour nous des plus heureux.

 

                             Mansart de Sagonne, maison Clautrier, 56 rue des Francs-Bourgeois, 1752, cl. Ph. Cachau                Nicolas Pineau, balcon sur rue, 56 rue des Francs-Bourgeois, 1752, cl. Ph. Cachau

 

Ce rapprochement est d’autant plus incroyable et inattendu que Charles De Wailly exécuta le premier chantier décoratif de sa carrière dans la salle à manger du marquis en son château d’Asnières, réalisation civile majeure de Mansart de Sagonne. Décor qui avait été attribué à De Wailly par Monique Mosser et Daniel Rabreau dans le catalogue de l’exposition de l’hôtel de Sully en 19792 et dont nous avons conforté l’attribution dans notre article  dans les annales de la Journée d'histoire du château des Ormes et dans celui sur le château d’Asnières publié en 20173. Décor que l’on put redécouvrir dans son état initial en 2014 lors de l'inauguration du château, suite à la restauration effectuée en 2009.

Tout ceci constitue donc pour nous une forme d’aboutissement et de consécration. Jugez plutôt : lorsqu’en 1988, nous entamions nos travaux de maîtrise d’histoire de l’art à Paris-IV Sorbonne sur Mansart de Sagonne, on ne savait quasiment rien de cet architecte, de son commanditaire et l'on doutait même de l'attribution du château d'Asnières à l'architecte. Nous fîmes donc véritablement oeuvre de pionnier en la matière et ce d'autant que Monique Mosser confondit durant longtemps dans ses travaux, le marquis de Voyer avec son oncle, le marquis d’Argenson, ancien ministre des Affaires étrangères de Louis XV et célèbre mémorialiste du règne4. Guilhem Scherf se révéla plus à propos dans la notice du catalogue de son expostion au Louvre sur Augustin Pajou en 1997-1998, ainsi que Xavier Salmon dans celle relative au portrait au pastel du marquis par Maurice-Quentin de La Tour en 20005.

 

                   G. Briard, J.-B. Guilliet, P.-H. Deleuze, décor du vestibule de l'hôtel, entrée sur le grand salon, 1766, cl. Ph. Cachau              G. Briard, J.-B. Guilliet, P.-H. Deleuze, décor du vestibule de l'hôtel, 1766, cl. Ph. Cachau

 

Dans notre maîtrise soutenue en 1989 à Paris-IV-Sorbonne - où le château d’Asnières constituait l’une des pièces maîtresses - la figure du marquis de Voyer apparut ainsi enfin plus clairement et nous approfondîmes l’examen de sa personnalité dans notre thèse soutenue à Paris-I Panthéon-Sorbonne en 2004. Thèse qui lui redonna enfin toute sa dimension (politique, militaire et artistique)6. Entre-temps, Nicole Blomac dans le champ équestre et Anne Leclair dans celui des peintures effectuèrent, à des degrés divers, un travail parallèle qui aboutit, pour la première, à une thèse soutenue à l’EPHE en 2002, publiée en 20047 et, pour la seconde, à un article paru aussi en 2002 sur les décors de l’hôtel de Voyer, suivi d’un second sur ses collections en 20068. On attend avec impatience la publication de l'ouvrage d'Anne Leclair sur les superbes collections de peintures flamandes et hollandaises du marquis, exposées dans les années 1750-1760 dans la galerie de son château d’Asnières.

Signalons également la maîtrise d'histoire soutenue en 2005 à Paris-IV Sorbonne par François-Louis de Voyer d'Argenson, sous la direction de Jean-Pierre Poussou sur le fils du marquis de Voyer, le marquis "rouge" Marc-René-Marie Voyer d'Argenson 1771-1842, auquel on doit, en 1822, la démolition du corps central érigé par De Wailly au château des Ormes, soit le portrait de la famille D'Argenson par un de leur lointain, jeune et talentueux descendant.

 

      Guillaume Voiriot ou François-Hubert Drouais (attr. à), portrait d'homme, collection privée, milieu XVIIIe, cl. Ph. Cachau          Charles-Nicolas Cochin, Marc-René de Voyer d'Argenson, marquis de Voyer, Londres, British Museum.

 

Convaincu de la nécessité de réhabiliter celui qui apparait désormais comme l’un des plus grands mécènes du XVIIIe siècle, nous lui consacrâmes deux journées d’histoire en son château des Ormes en 2013 et 2014 auxquelles Anne Leclair et Christian Baulez9, conservateur en chef honoraire du château de Versailles, assistèrent.

Pourquoi ne s’agit-il donc pas ici des "décors de la Chancellerie d’Orléans" comme on les présente souvent et tel qu’indiqué en titre de l’ouvrage à paraitre en décembre prochain aux éditions Faton ?

C’est toujours le problème de certains comités scientifiques ou prétendus tel : ils sont souvent l’objet d’amitiés, de gens arrivés là opportunément par le fait du chantier mais qui, sauf exception, n’ont malheureusement jamais travaillé sur le sujet qui les concerne. On ne s’étonnera donc pas de l’erreur persistante de dénomination que l'on retrouve régulièrement sur internet et dans les médias. Ces décors ne doivent en effet rien à la famille d’Orléans10.

 

                  Antoine Coypel, Le triomphe des amours des dieux, 1706, cl. Ph. Cachau              Le grand salon, 1765-1769, cl. Ph. Cachau   

 

Dans l’étude livrée en 2013 pour le World Monuments Fund, nous eûmes l’occasion de rappeler les circonstances particulières de leur création à travers nos recherches aux Archives Nationales et dans le fonds de la famille Voyer d’Argenson à Poitiers.

Rappelons que lors de la remise au goût du jour de l’hôtel, situé rue des Bons-Enfants et qui donnait sur le jardin du Palais Royal, de 1762 à 1772, la Chancellerie d’Orléans était un vieux souvenir. Érigé par Germain Boffrand en 1704-1705,  cet hôtel fut acquis en effet, le 23 juin 1752, par le marquis de Voyer de Louis-Philippe Ier, duc d’Orléans. Il restera sa propriété jusqu’à la revente par ses héritiers à Louis-Philippe II, duc d’Orléans, futur Philippe-Égalité, le 24 avril 1784, afin de solder les créances de la succession. L’hôtel ne fut donc chancellerie des Orléans que de 1725 à 1752 et de 1784 à 1792, soit 35 ans tout au plus. La dénomination « hôtel de Voyer » apparait en effet régulièrement dans les archives, des années 1760 aux années 1780, et c’est ainsi qu’il est évoqué sur les dessins de William Chambers conservés au Royal Intitute of British Architects (RIBA) à Londres.

 

                              William Chambers, Hôtel de Voyer sur le jardin du Palais-Royal, 1774, Londres, RIBA             

 

La dénomination « Chancellerie d’Orléans » est le fait de l’horloger Jacques-Gustave Sandoz (1836-1891) qui avait rédigé au XIXe siècle une première étude dactylographiée, non datée, sous ce titre11, lequel sera repris en 1916 par Jacques Mayor dans son article pour la Gazette des Beaux-Arts12. Cette dénomination devait rester jusqu’à nous.

L’intérêt du marquis de Voyer pour l’hôtel où son père, le comte d’Argenson, avait exercé la fonction de chancelier des Orléans, s’était manifesté dès 1746. Il dépensa alors 15 000 livres dans de nouveaux meubles et des réaménagements, lesquels constituaient un premier jalon avant les grandes transformations des années 176013. Voyer entendait faire alors des lieux, un manifeste du nouveau goût  à la grecque, dit aussi "néo-classique".

 

                  Chambre de la marquise de Voyer, 1767-1770, cl. Ph. Cachau.              Louis-Jacques Durameau, Le lever de l'Aurore, 1768-1769, cl. Ph. Cachau

 

Les premiers jalons de ces transformations sont assurément les célèbres colonne et vase de porphyre avec cariatides et têtes de bélier de bronzes dorés (Londres, Wallace Collection), commandés dès 1761 et exécutés en 1762 par De Wailly, Pajou et Auguste, orfèvre du roi14. L’ensemble se voulait un modèle du luxe et de l’originalité que le marquis entendait afficher dans son hôtel. Il avait sollicité à cet effet parmi les meilleurs artistes et artisans du moment au point que Charles De Wailly, Augustin Pajou et Louis-Jacques Durameau, auteur du plafond de la chambre de Madame de Voyer, se verront solliciter au même moment par le directeur des Bâtiments du roi, le marquis de Marigny, pour la décoration de l’Opéra royal de Versailles de 1768 à 1770.

Fragonard avait été sollicité, quant à lui, en 1767 pour la décoration du motif central de la salle à manger mais sa composition de nuées d’enfants - dont le modelo est conservée au Louvre - se vit supplanter par celle, plus novatrice et à propos, de Jean-Jacques Lagrenée dit le jeune, Hébé versant le nectar à Jupiter. Pour éviter les fautes de goût, Voyer se vit conseiller par son ami Julien-David Le Roy dont nous avons publié en 2020, dans Le Journal des Savants, la correspondance avec le marquis conservée à Poitiers15. On mesure aujourd'hui combien la suppression, dans les années 1780, des cariatides de la salle à manger par le duc d'Orléans - cariatides de goût grec conseillées par Le Roy et exécutées par Pajou - fut une erreur car les sphynges au-dessus semblent comme suspendues dans le vide.

 

                    Jean-Honoré Fragonard, Essaim d'amours, 1767, Louvre                Plafond de la salle à manger avec la composition de Lagrenée, 1767-1769, cl. Ph. Cachau.

 

Marc-René de Voyer d’Argenson parvint si bien dans ses objectifs que son ami William Chambers consacra six vues à l’hôtel et à son mobilier dans son Parisian album en 177416, ce qui en fait le lieu le mieux représenté du recueil. De Wailly et Le Roy rappelaient, quant à eux, dans leur correspondance, l’engouement et la curiosité suscités par ces aménagements à travers les visites des ducs de Chartres et d’Orléans ou le souhait exprimé du comte Strogonov de louer l’hôtel pour le ministre de la marine russe, le comte Cheremetieff17.

Le remontage des décors de l’hôtel, mis en caisse par la Banque de France à sa démolition en 1923, et que l’on attendait de revoir depuis lors, constitue donc un événement majeur du patrimoine parisien. Décors qui furent longtemps entreposés à Asnières où le marquis de Voyer avait fait ériger, on le sait, ses splendides château et haras par Mansart de Sagonne.

Le grand salon, d'esprit louisquatrorzien, est une belle réussite, d’autant que le plafond d’Antoine Coypel sur le thème Les Amours des Dieux, réalisé en 1706, était en plusieurs morceaux qu’il fallut recomposer et nettoyer de leurs crasse et vernis successifs. Plafond qui, par la nature de la composition, d’un seul tenant, rompait avec les traditionnels décors de quadratura ou compartimentés. Il annonce ainsi celui de François Lemoyne dans le salon d’Hercule à Versailles en 1733-1736.

 

                  Charles De Wailly - Nicolas-Mathieu Bauve ou Debauve, console à sphynge, bois sculpté peint et doré, vers 1767, dépôt du musée Roybet-Fould, Courbevoie, cl. Ph. Cachau                   Charles De Wailly - Nicolas-Mathieu Bauve ou Debauve, fauteuil du grand salon, vers 1767, cl. Ph. Cachau

 

On observera que la disposition des décors dans leur état initial, à savoir le salon entre la salle à manger à gauche et la chambre de la marquise de Voyer et sa pièce de bain, à droite, n’a pu être malheureusement respecté dans l'installation à l'hôtel de Rohan-Strasbourg. Le report de ces dernières après la salle à manger est une erreur bien regrettable.

Il conviendra de revoir le violent éclairage de ces pièces par un plus conforme à l’esprit du temps tel qu’il se pratique à Versailles, Vaux-le-Vicomte et dans d'autres sites de cette époque. Celui du salon est en revanche plutôt réussi, mettant bien en valeur le plafond de Coypel.

Un ameublement de la salle à manger et de la chambre, quand bien même il ne s’agit pas des meubles d’origine, est à désirer pour donner aux visiteurs une meilleure compréhension de leur fonction et de ce qu’elles pouvaient être au XVIIIe siècle.

En guise d'événement, on présenta dans cette salle à manger un portrait présumé du marquis de Voyer à son bureau - présenté sur cette page - attribué à François-Hubert Drouais qui, après analyse des traits du personnage, se révèle en réalité être un autre homme dont l'identité demeure à déterminer. L'attribution à Drouais peut être aussi sujette à caution, certains spécialistes y voyant plutôt la main du peintre Guillaume Voiriot.

Le luxe déployé dans ces superbes décors louisquatorziens évoquent bien évidemment celui du salon rocaille et de la salle à manger néo-grecque du marquis de Voyer à Asnières. Les boiseries du grand salon du château par Nicolas Pineau sont conservées, rappelons-le, à Cliveden House, près de Londres, depuis 1897.

En attendant la publication de l’ouvrage des éditions Faton, sur lequel nous demeurerons vigilant quant au respect de nos travaux18, vous pouvez consulter et télécharger notre étude complète sur ces décors, mise en ligne en 2013.

 

                       François Gérard, Julien-David Le Roy, père de l'hellénisme français, fin XVIIIe                         Charles De Wailly - Augustin Pajou, La Terre, niche du passage de porte cochère, vers 1765, cl. Ph. Cachau

 


1.Voir plus bas.

2.Monique Mosser – Daniel Rabreau : Charles De Wailly, peintre architecte dans l’Europe des Lumières, cat. expo. Caisse nationale des Monuments historiques et des Sites, Paris, 1979.

3.Philippe Cachau : "Le «goût de la bâtisse» du marquis de Voyer",  Journée d'histoire du château des Ormes, annales 2013, p. 30 ; "Le mécénat du marquis de Voyer au château et aux haras d'Asnières-sur-Seine : enjeux politiques et culturels (1750-1755)", Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français, année 2013, 2017, p. 139-171.

4.Elle employa encore ce nom dans sa communication au colloque de l’université de Poitiers en 2013.

5.Pajou, cat expo., RMN, 1997, p. 85-99. Il emploie les bonnes dénominations : "marquis de Voyer" pour le commanditaire, "hôtel de Voyer d'Argenson" et non "Chancellerie d'Orléans" pour le lieu ; Christine Debrie - Xavier Salmon, Maurice-Quentin de La Tour, prince des pastellistes, Somogy, 2000, p.131-134. Basile Baudez commit, quant à lui, la confusion avec son cousin germain Antoine-René de Voyer d'Argenson (1722-1787), marquis de Paulmy, dans son article "La Royal Academy of Arts au XVIIIe siècle, une académie royale ?", Livraison d'histoire de l'architecture, 2005, p. 7.

6.Philippe Cachau, Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne ou le dernier des Mansart, maîtrise d'histoire de l'art, Antoine Schnapper - Claude Mignot (dir.), Paris-IV Sorbonne, 2 tomes, 1988-1989. Le marquis de Voyer et son château d'Asnières sont traités p.100-116 ; Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dernier des Mansart (1711-1778), thèse d'histoire de l'art soutenue en juin 2004 à Paris-I Panthéon-Sorbonne, Daniel rabreau (dir.), 3 tomes. Le marquis de Voyer est étudié p. 464-481 du tome I, complétée d'une étude de son père, de sa mère et de son épouse (p.456-464, 481-483). En janvier 1989, nous fîmes à cet effet, sur la recommandation d'Antoine Cassan, président des Amis du château et du Vieil Asnières, et de Lucienne Jouan, historienne d'Asnières, le déplacement dans le fonds d'Argenson de l'université de Poitiers. Nous fûmes accueilli par Marc-René d'Argenson (1948-1999), membre de l'université, qui se montra ravi qu'un jeune chercheur en histoire de l'art s'intéressât enfin au marquis de Voyer, dix ans après la publication du catalogue De Wailly par Monique Mosser, alors engagée dans l'étude et l'enseignement de l'hstoire des jardins. Il nous ouvrit aimablement la porte de son domicile de Poitiers et nous offrit la reproduction noir et blanc d'un portrait du marquis de Voyer assis à son bureau, évoquant celui  d'homme - faussement identifié au marquis de Voyer - attribué à Drouais (?), ici sur cette page, présenté lors de l'inauguration des décors dans la salle à manger (voir plus bas la fin de notre propos). Portrait de famille méconnu dont nous conservons précieusement la reproduction. Ces précisions nous paraissent utiles à l'heure où, depuis le début des années 2010, un certain milieu universitaire poitevin tend à marginaliser et escamotter un peu vite nos travaux (voir note 18).

7.Nicole de Blomac, Voyer d’Argenson et le cheval des Lumières, Paris, 2004. Des éléments de ses recherches sur l’activité équestre du marquis étaient parus dès 1991.

8.Anne Leclair : "Les plafonds peints de l’hôtel d’Argenson : commande d’un amateur parisien (1767-1773)", Gazette des Beaux-Arts, novembre 2002, p. 273-306 ; "Un cabinet de tableaux méconnu : les « Rubens » du marquis de Voyer d’Argenson en 1750", Revue de l’Art, n° 153, mars 2006, p. 41-56.

9.On doit à Christian Baulez l'identification et l'acquisition par les Archives Nationales d'une des deux paires des fauteuils du salon. Comme nous, on jugea bon de ne pas l'associer au comité scientifique, quoiqu'on dut le consulter finalement pour éclairer le procédé du chauffage dit "Montalembert" du grand salon et des pièces adjacentes. Très éclairant sur la compétence dudit comité scientifique qui qualifie par ailleurs de "chimère", dans son cartel, la sphynge aîlée de la console dans l'entrée de l'hôtel, ici reproduite. Voir l'article de M. Baulez sur les sièges et mobilier réalisés par le menuisier Mathieu Debauve dans les annales de la journée d'histoire du château des Ormes 2014, organisée par nos soins : "Mathieu  Debauve, menuisier en siège des Voyer d'Argenson", La famille Voyer d'Argenson et son entourage : parents, artistes et relations, Narratif, 2014, p. 87-121.

10.La commande du plafond de Coypel dans le salon est celle de la maîtresse du Régent, Melle de Séry, comtesse d'Argenton (vers 1684-1748). Nous espérons que l'ouvrage de Faton à paraître nous éclairera davantage sur le rôle de cette femme dans cette commande si souvent attribuée au futur Régent.

Le conseil scientifique pertinent pour ce projet aurait  dû être composé de : 1 membre de la famille Voyer d'Argenson, 1 de la Banque de France, propriétaire, et 1 du Ministère de la Culture, l'architecte M.H., Monique Mosser pour De Wailly, Anne Leclair pour les connaissances en matière des collections de peintures du marquis de Voyer, Xavier Salmon pour l'oeil et les connaissances en peinture XVIIIe, Guilhem Shcherf pour la sculpture, Christian Baulez pour le mobilier, de nous-même pour la personnalité du marquis, son goût de l'architecture, suite à nos travaux en thèse et à la rédaction de l'étude pour le World Monuments Fund en 2013. On fit d'autres choix dont nous jugerons la valeur dans l'ouvrage à paraître en décembre prochain.

11.Gustave Sandoz : L’hôtel de la Chancellerie d’Orléans au Palais-Royal, ouvrage dactylographié, s.d. (exemplaires à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris et aux Arts Décoratifs).

12.Jacques Mayor : "Hôtel de la Chancellerie d’Orléans", Gazette des Beaux-Arts, août 1916, p. 333-359.

15.Philippe Cachau : "Julien-David Le Roy (1724-1803). Correspondance avec le marquis de Voyer (1766-1777)", Le Journal des Savants, n° I – 2020, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, p. 211-307.

16.Janine Barrier, William Chambers. Une architecture empreinte de culture française, suivi de Correspondance avec la France, Paris, 2010, p. 78-79.

17.Cf notre étude pour le World Monuments Fund.

18.Patrick Michel, professeur à l'Université de Lille et à l'Ecole du Louvre, et Isabelle Tillerot, historienne de l'art, limitèrent soigneusement les indications de nos travaux sur le marquis - pourtant bien connus et référencés sur le net - et escamotèrent totalement ceux sur Mansart de Sagonne, dans l'ouvrage collectif (plutôt féministe et anti-parisien), La famille d'Argenson et les arts, sous la direction de Véronique Meyer et de Marie-Luce Pujalte-Fraysse, paru en 2019 aux Presses Universitaires de Rennes. Rappelons que le premier, coutumier du fait, s'était livré en effet en 2016 au plagiat de notre étude complète sur le duc Christian IV des Deux-Ponts, intime du marquis de Voyer (cf. note 6, thèse, 2004, t. I, p. 483-499) dans son article pour le CRCV en 2016, mis en ligne en 2019. Ce prince allemand, que nous avons eu l'occasion d'évoquer dans notre grand article pour la Revue Francia en 2012 (n° 39, p.135-165) et sur sur ce site en 2017, était fort méconnu en France avant notre thèse en 2004. Ajoutons enfin que les protagonistes de l'ouvrage susdit privilégièrent en introduction l'évocation des travaux de Nicole de Blomac (établie dans le Limousin) quand ceux d'Anne Leclerc (p.11 et 16) et les nôtres furent réduits à la portion congrue (p. 17). On notera une erreur de référence en note 16 : confusion entre le château d'Asnières et celui des Ormes, lequel fut traité dans l'ouvrage pour le service de l'Inventaire de Poitpu-Charentes, préfacé par Mme Ségolène Royal, en 2013. Deux autres références sont citées en notes 17 et 20, ce qui, sur la dizaine d'études, articles et publications scientifiques sur le sujet "marquis de Voyer", est bien peu. Que n'aurait-on dit si un homme avait agi de la sorte ?