Marc-René de Voyer d'Argenson

Le marquis de Voyer et le cheval (suite) : les haras de Sarralbe en Lorraine

Pendant longtemps l'activité en matière de cheval de Marc-René de Voyer d'Argenson, marquis de Voyer, aux haras de Sarralbe en Moselle demeurait pratiquement méconnue.

Dans son ouvrage Le cheval des Lumières publié en 2004, Nicole de Blomac s'était focalisée sur les haras d'Asnières et des Ormes. Elle avait axé principalement son propos sur le système d'élevage et de commercialisation mis en place par l'ancien directeur des haras du roi, ainsi que ses liens avec les autres haras de France et d'Angleterre. Les haras de Sarralbe et de Bouquenom (partie de Sarre-Union aujourd'hui), quoique connus, demeuraient à peine évoqués.

En 2016, nous traitions dans la Revue des Amis du Cadre Noir de Saumur1 les superbes bâtiments mis en place par le marquis de Voyer à Asnières, dit Entrepôt général des haras du roi. Bâtiments qui avait abrité jusqu'à 250 chevaux, soit autant qu'à Chantilly, ainsi que nous l'avons rappelé dernièrement2 et que Nicole de Blomac n'avait pas eu l'occasion de traiter dans ses travaux, tout comme ceux des Ormes.

Le voile sur les haras de Sarralbe, repris par le marquis en 1765, suite à la transaction survenue en décembre 1764 entre lui, Louis XV et Stanislas Leczincski, duc de Lorraine, est désormais en partie levé à travers les thématiques développés sur leur histoire, des origines à nos jours, par le service communication des haras. Nous indiquons ici la partie qui nous concerne, celle de la reprise des haras par Voyer d'Argenson à leur rachat par son fils, Marc-René-Marie sous le Consulat, après leur vente sous la Révolution.

Le propos fait apparaître à nouveau les liens du marquis avec son grand ami, le prince allemand, Christian IV, duc des Deux-Ponts, dont nous avons remis en perspective la personnalité et l'importance des liens avec la cour de Versailles au milieu du XVIIIe siècle à travers divers travaux3. Sarralbe permit ainsi clairement à Marc-René de Voyer d'Argenson d'étendre son aura en matière équestre jusque dans les pays germaniques et le nord de l'Europe (Flandres, Pays-Bas).

On n'en finit pas de découvrir l'influence remarquable exercé au XVIIIe siècle par cet homme exceptionnel dans divers domaines (arts, cheval, lettres et philosophie), encore négligés de certains spécialistes.

https://harasdesarralbe.home.blog/2019/07/27/6-entre-famille-voyer-dargenson-et-revolution-xviii-siecle

 

1."Lentrepôt général d'Asnières ou les beaux haras oubliés du marquis de Voyer ( 1752-1755), Revue des Amis du Cadre noir de Saumur, n° 89, 2016, p. 57-60.

2.https://harasdesarralbe.home.blog/2019/07/27/6-entre-famille-voyer-dargenson-et-revolution-xviii-siecle

3.Cf. Ph. Cachau, Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dernier des Mansart (1711-1778), thèse d'histoire de l'art soutenue à Paris-I-Panthéon-Sorbonne en 2004, t. I, p. 483-499 et "Le château de Christian IV, duc des Deux-Ponts, à Jägersburg. Un château français en Allemagne (1752-1756)", Revue Francia, n° 39, Institut historique allemand, Paris, 2012, p. 135-165.

 

Correspondance inédite Le Roy - Voyer d'Argenson, Journal des Savants, n° 1 - 2020

Vous aimez le XVIIIe siècle, la Grèce et l'Angleterre, les Arts et les Sciences, le Théâtre et les Lettres, l'Histoire et la Diplomatie, alors découvrez la correspondance inédite de Julien-David Le Roy, pionnier de l'hellénisme français, grand découvreur des antiquités grecques au milieu du XVIIIe siècle1, avec Marc-René de Voyer d'Argenson, marquis de Voyer, important mécène de son temps, longtemps oubliés des historiens de l'art2 .

Cette correspondance, issu du fonds de la famille Voyer d'Argenson à Poitiers, est celle de deux personnalités majeurs du monde des arts au XVIIIe siècle, liés par leur origine tourangelle (Paulmy et Argenson pour Voyer, Descartes et Tours pour Le Roy).

Elle est une source d'informations exceptionnelles sur la fin du règne de Louis XV, particulièrement dans le champ artistique à travers les deux chantiers fameux du marquis : son hôtel du Palais-Royal à Paris, rue des Bons Enfants, dit Hôtel de Voyer3 , et le vaste chantier du château des Ormes (Vienne) avec sa grange-écurie sur la route de Paris à l'Espagne, entre Touraine et Poitou.

Cette correspondance vient ainsi compléter celle de l'architecte britannique, William Chambers, publiée par Janine Barrier en 20104.

Le Journal des Savants est le plus ancien des journaux littéraires d'Europe. Fondé en 1665, il fut placé en 1701 sous le patronnage royal. Disparu en 1792, il fut réorganisé par l'Etat en 1816. Depuis 1903, il est publié sous les auspices de l'Institut de France et, depuis 1909, par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres dont Le Roy fut l'un des membres éminents. Cette publication est ainsi un juste retour des choses pour une personnalité assez mal connue des Français.

Académie des Inscriptions et Belles Lettres - Journal des Savants

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       Journal des Savants, 1er semestre 2020         Débarquement de Julien-David Le Roy sur une île de Grèce en 1754, gravure Jacques-Philippe Le Bas, 1758.

 

1. La Grèce était alors sous le joug turc.

2. Il fut longtemps confondu avec son oncle, le marquis René-Louis de Voyer d'Argenson, mémorialiste réputé et ministre des Affaires étrangères de Louis XV.

3. C'est à tort que l'on qualifie les décors réalisés là pour lui par Charles De Wailly & consorts, de ceux de la "Chancellerie d'Orléans", l'hôtel n'appartenant plus aux Orléans depuis 1752.

4. Janine Barrier, William Chambers. Une architecture empreinte de culture française suivi de Correspondance avec la France, coll. Art'Hist, Paris, 2010.